Le Mousso s’éclate sur la rue Ontario.

Publié le 5 Janvier 2016

 

 

 

Si vous suivez Antonin Mousseau-Rivard, dit le Mousso, sur Instagram, vous savez comme moi et ses 21 200 adeptes que c’est un véritable artiste.

Ses assiettes, qu’il se plaît à prendre en photo, sont magnifiques, et après les avoir vues pendant des mois défiler sur mon téléphone, j’avais vraiment hâte de les admirer en vrai. Mais surtout, il me tardait de pouvoir les goûter.

 

 

 

 

Il faut dire que depuis que le chef, un autodidacte qui s’est fait connaître par sa cuisine inventive au restaurant du Musée d’art contemporain, avait annoncé l’ouverture de son restaurant au début de 2015, celle-ci était très attendue. L’anticipation était à son comble. En ce qui me concerne, je n’ai vraiment pas été déçue.

Même avant de goûter à quoi que ce soit, j’ai été charmée par le décor, qui se démarque de ce qu’on voit ailleurs. Je me serais crue dans un restaurant danois. La cuisine d’Antonin est au sous-sol, et tout autour d’elle se déploient à l’étage, sur différents niveaux, les espaces où les convives prennent place. Grandes tables à partager, grand comptoir surplombant le resto: l’espace est dynamique, mais aussi assez sobre, avec ses murs beiges ornés seulement de quelques œuvres colorées du grand-père d’Antonin, Jean-Paul Mousseau.

Au Mousso, on propose une formule sept services à 50$, à laquelle il est possible d’ajouter deux services supplémentaires en payant des extras. On offre aussi l’accord vins à 45 $. Cette formule sert merveilleusement bien la cuisine créative et raffinée du chef, qui nous offre ses plats comme une succession de tableaux, dont les canevas sont constitués des superbes assiettes de l’atelier-boutique de céramique Gaïa.

Sur le menu, trois mots à peine décrivent chaque plat. Premier plat: céleri, truite, foin. Intrigant. L’assiette est constituée de truite qu’on a fumée avec du foin et qu’on a recouverte d’une mousse de céleri-rave immaculée, de peau de truite croustillante et brillante, de cendre de foin noire et d’œufs de poisson. C’est léger, tout en contraste et très goûteux; une belle entrée en matière.

 

 

Le deuxième plat, lui, m’a paru moins réussi. Le poireau poché dans le beurre était parfait, les moules et la mousse de moules les recouvrant l’étaient également. En revanche, un crumble de beurre noisette trop présent et trop sucré est venu alourdir le reste de l’œuvre.

Autre petite ombre au tableau : un plat avec des carottes que notre sympathique serveur nous avait présentées comme des jujubes, tant elles avaient été cuites et vieillies, presque confites. Il nous a plutôt semblé qu’elles goûtaient un peu trop l’eau.

 

 

Cela dit, les autres plats ont eu tôt fait de nous faire oublier ces petits éléments moins réussis. J’ai particulièrement apprécié l’originalité du plat de morue avec son beurre de champignon, ses céréales lyophilisées (déshydratation des aliments à très basse température) et ses champignons de Paris mi-cuits servis en fines lamelles. J’ai également eu un gros coup de cœur pour le tartare d’agneau et son bacon d’agneau, ses petits pois frais et lyophilisés, recouverts de cheddar de chèvre vieilli comme un parmesan et râpé, ainsi que de mélisse.

 

 

Mais c’est le dessert qui m’a procuré le plus d’émotion. Il a clos ce repas sur une note parfaite. Imaginez l’accord et le mélange des saveurs et des textures entre une crème glacée au babeurre salée, de la crème Chantilly, de la mélasse de pommes, des pommes fraîches croquantes et une meringue concassée au poivre. Tous les goûts sont là, bien dosés. Du grand art. Artiste et cuisinier singulier, le chef  Mousseau-Rivard a une personnalité forte et originale qu’on sent dans toutes ses assiettes. On souhaite que sa présence sur la scène culinaire montréalaise perdure afin qu’on puisse suivre son évolution artistique dans le temps.

 

 

En résumé

  • L’occasion. Quand on veut se payer un bon souper en amoureux ou entre amis.
  • L’ambiance et le décor. Une ambiance animée avec comme trame de fond du rap (!), et un décor épuré.
  • Les prix. 50$ pour le menu sept services, 45$ pour l’accord vins.
  • Nous avons aimé. La présentation des assiettes et l’originalité des plats.
  • Nous avons moins aimé. L’accord des vins, auquel on aurait préféré plus de qualité et moins de quantité.

 

 

Le Mousso

 

1023, rue Ontario Est
(438) 384-7410

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #Bouffe Resto

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