L’insécurité alimentaire ennemie d’une diète saine.

Publié le 23 Février 2016

 

 

TORONTO – La hausse des prix des aliments au Canada se traduit par une croissance du nombre de ménages canadiens souffrant d’insécurité alimentaire, de sorte qu’un appel à la création d’une stratégie nationale en matière d’alimentation a été lancé.

Quelque quatre millions de Canadiens — environ 12,7 pour cent des foyers — vivent un certain degré d’insécurité alimentaire, selon le groupe de recherche PROOF, qui s’intéresse à la question.

Banques alimentaires Canada estime que plus de 850 000 Canadiens ont besoin des banques alimentaires chaque mois.

Les recherches indiquent que les enfants vivant dans de telles conditions peuvent souffrir d’autres iniquités, notamment en ayant moins d’occasion d’apprendre à aimer les aliments sains.

Une autre étude récente a en effet découvert que les parents ayant un faible revenu ont moins tendance à acheter des aliments sains que leurs enfants n’aimeront peut-être pas au premier essai, comparativement aux parents de milieux plus aisés.

Selon Caitlin Daniel, étudiante au doctorat en sociologie à l’Université Harvard et auteure de l’étude, «les gens ne prendront pas de risques économiques s’ils ne sont pas à l’aise dans leurs finances».

«Les gens ne prendront pas de risques alimentaires s’ils souffrent d’insécurité alimentaires», ajoute-t-elle

Les parents aux moyens financiers limités ont tendance à acheter des aliments que leurs enfants aimeront, éliminant les risques de gaspiller de la nourriture, a découvert Mme Daniel. Cela signifie qu’ils achètent souvent de la nourriture moins saine, comme des croquettes de poulet congelées ou des pizzas pochettes.

Les parents qui n’ont pas à compter chaque sou peuvent davantage absorber le coût de la nourriture gaspillée.

Il faut en général entre huit et 15 tentatives avant qu’un enfant apprenne à aimer un nouvel aliment, selon l’étude. Les enfants de familles à faible revenu peuvent donc avoir une diète moins saine puisque les parents ne peuvent se permettre d’offrir plusieurs fois des aliments que leurs enfants rejetteront.

Statistique Canada a révélé vendredi que les prix des aliments ont augmenté de 4 pour cent au cours de la période de 12 mois se terminant en janvier, après avoir progressé de 3,7 pour cent en décembre.

Les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 4,6 pour cent d’une année à l’autre, après avoir connu une hausse de 4,1 pour cent le mois précédent. Les prix des légumes frais ont progressé de 18,2 pour cent au cours de la période de 12 mois, après l’augmentation de 13,3 pour cent mesurée en décembre. L’indice des prix des autres légumes frais, qui comprend entre autres le brocoli, le chou-fleur, le céleri et les poivrons, a enregistré la hausse la plus prononcée d’une année à l’autre (+22,7 pour cent) depuis avril 2009.

Les prix de la viande ont augmenté dans une moindre mesure

 

 

 

Rédigé par Régis Baillargeon

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